Noël dans les tranchées de 14-18

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Passer Noël au front pendant la grande guerre 14-18

Noël dans les tranchéesAlors que Noël approche, des colis sont distribués dans les tranchées des deux camps, envoyés par les familles, les villes et villages, les associations de soutien, remplis de nourriture, de vêtements chauds, de cigarettes et de courriers.

« Tu ne peux croire le plaisir que cela fait quand on ….reçoit un colis, on est comme de grands enfants ici. Un rien te contente comme un rien t’attristes. Tu vois tous ces pères de famille, au courrier, l’œil et l’oreille aux aguets, épier et attendre, s’il y a une lettre ou un colis pour eux.  Quand ils n’en ont pas, quelle déception. Quand ils ont une lettre, ils ont le sourire, vivement ils décachettent, avidement la parcourent pendant que d’un revers de main, ils écrasent la larme qui était au coin de l’œil. Ton ami dévoué ». Lettre d’un poilu le 28 novembre 1914.

Mais sur le front, le 25 décembre est presque un jour comme un autre. Tout était recouvert de gelée blanche, et le soleil brille, histoire de  rappeler aux militaires que c’est Noël. Dans la journée personne n’ose lever la tête de peur de se prendre une balle d’un tireur d’élite d’en face.

On leur avait pourtant promis une guerre de quelques semaines. Ce fut en réalité quatre longues années aux confins de la barbarie et de la bestialité. La Première Guerre mondiale est un conflit militaire qui s’est déroulé dans les faits en Europe de 1914 à 1918.

Considérée comme un des événements marquants du XXe siècle, cette guerre parfois qualifiée de totale a atteint une échelle et une intensité inconnues jusqu’alors. Elle a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toute autre guerre antérieure. Plus de 60 millions de soldats y ont pris part. Pendant cette guerre, environ 9 millions de personnes sont mortes, et environ 20 millions ont été blessées.

Alors, loin de leur famille, dans des conditions de vie épouvantable, comment tous ces hommes ont-ils fêtés Noël dans les tranchées ?

C’est dans ces tranchées, souvent inondées, que les soldats des deux camps devaient survivre dans le froid et l’humidité, mal équipés, embourbés et devant souvent supporter pendant des jours la compagnie des cadavres de leurs blessés. D’ailleurs, la rudesse des conditions auxquelles les combattants sont exposés en ce premier hiver de guerre provoque un sentiment de respect mutuel ; mais on en oublie pas moins que c’est la guerre et qu’il faut avancer.

Si la famille et les proches manquent à tous et que chacun y va de sa plume pour écrire leurs vœux, malgré la fusillade, il règne un semblant de fraternité. Et quand le soir tombe pour la veillée de Noël, les tirs ont cessé complètement. Un silence total, le premier depuis des mois.

« Mais ce matin-là, il n’y avait qu’un silence de mort, sur tout le paysage aussi loin que portait le regard. Je me rappelle le silence, le son étrange du silence », raconte-Alfred Anderson.

On s’échange de la nourriture et du vin et finalement la trêve s’instaure tout naturellement. Ce soir-là, en de nombreux points, les Allemands placent des sapins de Noël, avec des bougies et des lanternes en papier, sur le parapet des tranchées de première ligne. Pendant toute la soirée, les Allemands ont chanté et joué de la musique dans les tranchées qui nous font face (…)  Progressivement, des chants de Noël résonnent des deux côtés et des échanges verbaux se produisent.  « Un Anglais joua avec l’harmonica d’un Allemand, d’autres dansèrent. Les adversaires haïs et aigris chantaient des cantiques de Noël autour d’un sapin » Certains soldats ont même la chance d’assister à la messe de minuit, un prêtre ayant été missionné à cette occasion.

Le jour de Noël, certains soldats des deux côtés commencent à s’aventurer dans le « no man’s land » qui séparait les tranchées ennemies, et s’échangent des cigarettes et autres cadeaux qu’ils ont reçus dans leurs colis. Certains ont même jusqu’à organiser des parties de « foot » improvisées avec des ballons de fortune.

« Ainsi ma chère sœur, il y a-t-il déjà eu un tel Noël dans l’histoire ? Et qu’est-ce que cela veut dire cette impossibilité de devenir ami avec nos ennemis ? » écrivait un soldat britannique à sa sœur le jour de noël.

Cependant, en d’autres secteurs du front, les combats continuent, notamment en raison de l’activité des tireurs d’élite. La Trêve a duré toute la journée et à certains endroits même plusieurs jours. Les soldats, des gens du peuple, avaient fraternisé, et avaient ainsi montré qu’il était possible de se parler, et d’arrêter de entre-tuer.

Noël dans les tranchéesCette Trêve ne fut pas répétée l’année d’après, le commandement repris vite les choses en main pour orchestrer cette terrible boucherie qui fit au total 8 millions de morts. Après s’être retirée, la guerre a laissé au milieu des champs des cimetières au gazon impeccable. Les cultures ont appris à épouser les contours de ces espaces où reposent des gamins de 20 ans venus d’Australie, de Nouvelle-Zélande, du Canada, de Grande-Bretagne, d’Afrique, de Russie et d’ailleurs. Des chercheurs ont estimé que pendant sept siècles encore, la terre racontera, à sa manière, la guerre de 1914-1918.

Noël dans les tranchées

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